La filière semencière au Togo: quel avenir ?

La filière semencière au Togo: quel avenir ?

La filière semencière est au cœur de la transformation agricole en Afrique : elle conditionne l’accès à des variétés plus productives, résistantes aux maladies et adaptées aux changements climatiques. Pourtant, la réalité reste contrastée entre progrès notables et déficits structurels, surtout dans de nombreux pays d’en Afrique subsaharienne (ASS).

Au Togo, la dynamique semencière suit un parcours similaire : institutions publiques (recherche nationale) et opérateurs privés/coopératives multiplient les actions pour produire et diffuser des semences certifiées. Quels sont les principales difficultés rencontrées dans la filière au Togo ?

1. Faible disponibilité des semences de base

La production de semences de base (semences de pré-base et de base), indispensable à la production de semences certifiées, demeure limitée. Les instituts de recherche manquent souvent de moyens matériels et financiers pour maintenir un stock de semences parentales de qualité. Cela ralentit toute la chaîne de multiplication.

2. Faible capacité technique et financière des multiplicateurs

De nombreux producteurs multiplicateurs de semences manquent d’équipements modernes, d’accès au crédit agricole et de formation technique. Leur capacité de production reste donc inférieure à la demande du marché. Les institutions financières hésitent à financer ce sous-secteur, jugé risqué et peu rentable à court terme.

3. Difficultés de certification et de contrôle qualité

Les structures de contrôle sont souvent insuffisantes. Dans plusieurs pays, un inspecteur semencier peut couvrir plusieurs régions à la fois, ce qui allonge les délais de certification. Par ailleurs, des semences de qualité douteuse circulent encore sur les marchés, sapant la confiance des agriculteurs.

4. Chaînes de distribution insuffisantes

Le maillage territorial des points de vente reste faible. Dans de nombreuses zones rurales, les agriculteurs doivent parcourir plusieurs kilomètres pour acheter des semences certifiées. Ce déficit logistique favorise les circuits informels où la qualité n’est pas garantie.

5. Faible adoption par les producteurs

Beaucoup d’agriculteurs continuent d’utiliser leurs propres semences de ferme, par méfiance ou par manque de moyens. Le coût d’un sac de semences certifiées est souvent jugé trop élevé. De plus, l’accompagnement technique sur l’utilisation des nouvelles variétés est parfois inexistant.

6. Faible intégration du secteur privé

Le secteur reste encore largement dominé par les institutions publiques, alors que les entreprises privées jouent un rôle majeur dans les systèmes performants ailleurs. Les incitations fiscales et les facilités d’accès au financement pour ces acteurs restent limitées.

Consulter le site de la direction des semences et plants au Togo (le prix des semences)

Quelles perspectives pour une filière plus performante au Togo ?

Pour surmonter ces contraintes, plusieurs pistes sont recommandées :

  • Renforcer la production locale de semences de base à travers le financement des programmes de recherche et la modernisation des stations semencières.
  • Encourager les partenariats public-privé afin de professionnaliser les multiplicateurs et d’élargir les canaux de distribution.
  • Mettre en place un fonds de garantie semencière pour faciliter l’accès au crédit des entreprises et coopératives.
  • Renforcer la sensibilisation et la formation des producteurs sur les avantages des semences certifiées.

Lire aussi : avantage de l’utilisation des semences certifiées

« La filière semencière togolaise dispose d’un potentiel considérable, soutenu par un cadre institutionnel en évolution et une demande croissante en semences améliorées. Toutefois, la pérennité de ce secteur dépendra de la professionnalisation des multiplicateurs, du renforcement de la certification, de l’accès au financement et de la sensibilisation continue des producteurs.
Avec une stratégie nationale claire, un appui financier stable et une meilleure coordination, le Togo peut devenir un acteur clé de la filière semencière en Afrique de l’Ouest
 ».

assetenakoura

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *